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EditorialDERRIÈRE LES GAZ ET LES LBD, UNE AUTRE AGRICULTURE EST EN GERME
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Novembre, pour beaucoup d'entre nous, c'est le mois où on peut souffler en peu. Le gros de la saison s'achève et le printemps est encore loin. Mais en ce qui concerne l'actualité agricole et syndicale, il n'y a pas de saison, que ce soit au niveau international, national ou local. Le système agro-industriel et capitaliste s'emballe, et nos politiques se conforment à ses exigences, le traité du Mercosur* et l'épidémie de DNC en sont des exemples criants.
Certains d'entre nous étions, le 14 octobre, à Paris à la manifestation nationale de la Confédération paysanne (CP) pour dénoncer cet accord de libre échange, qui est une menace terrible pour les paysans des quatre coins de la planète, et qui est soutenu en sous main par la FNSEA* qui le souhaite le plus libéral possible afin de pouvoir spéculer sur le marché mondial des productions agricoles. Et dans ce marché de dupes, seule la CP porte ce combat, avec le soutien des associations et collectifs amis, comme ATTAC et les Soulèvements de la Terre, mais les récentes évolutions du débat nous laissent craindre une validation du traité par l'État Français.
L'actualité la plus dramatique est la gestion totalement aberrante de la crise de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) par la ministre de l'agriculture, A. Genevard. Cette maladie qui impacte fortement les troupeaux bovins, a un taux de morbidité très faible (1/1000), n'est pas transmissible aux humains et les travaux de recherche d'autres pays comme l'Afrique du Sud démontrent que la meilleure façon de contenir la propagation est la vaccination généralisée avec l'abattage ciblé des bêtes les plus atteintes. Malgré cette réalité scientifique, notre ministre persiste à imposer un abattage systématique dès le premier cas dans un troupeau et refuse la vaccination généralisée. Cette politique est totalement inefficace, puisque les cas se multiplient dans toute la France. A chaque décision d'abattage, la CP appelle à bloquer les fermes pour éviter ces massacres de vaches saines. Et à chaque fois le ministère nous envoie les gendarmes mobiles surarmés qui dégagent les blocages à grand coup de gaz, de LBD et de matraque, avec le soutien de la FNSEA*_!
La répression policière et la criminalisation de l'action syndicale avec des convocations incessantes devant la justice pour nos militants, sont les seules réponses du gouvernement face à l'énorme difficulté du monde agricole et au mouvement social agro-environnemental qui en découle (luttes contre les méga-bassines, l'A69).
Nous ne céderons pas devant cette réalité abominable et le soutien massif des citoyens et du mouvement social nous porte et nous aide à tenir.
Dans le Gard comme dans les autres départements, dans le contexte actuel et du fait des politiques agricoles totalement inadaptées, nombre d'entre nous connaissons des situations économiques et humaines sérieusement délabrées. Contrairement au syndicat majoritaire, nous refusons cette situation et nous savons que nous n'avons pas grand chose à attendre des institutions. Notre seule arme pour répondre à ces situations de détresse qui se multiplient, c'est la solidarité et les outils collectifs que nous avons créé (le syndicat, l'Addearg, Solidarité Paysans). Les années passées nous ont montré leur efficacité. Cette efficacité gène la FNSEA* et le gouvernement qui cherchent par tous les moyens à les empêcher de fonctionner, notamment à travers la future loi des finances et la réforme de l'accompagnement de l'installation en agriculture.
Malgré ce contexte morose, notre syndicat se porte plutôt bien, avec un nombre d'adhérents en hausse régulière (alors que le nombre d'agriculteurs est en chute libre) et réussit à être actif sur tous les dossiers d'actualité, locaux, régionaux et nationaux.
Alors pour continuer à inventer collectivement ce projet d'une autre agriculture que nous portons au fond de nous, nous vous donnons rendez-vous le 5 février à notre Assemblée Générale.
Le Comité départemental de la Confédération paysanne du Gard
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