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Sillons solidaires



Le numéro du mois

n° 27 - août 2020
Editorial
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Editorial

Des temps emmêles...


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Ça y est la pause est finie ! Le monde redémarre doucement et durement. Y a-t-il eu des changements décisifs ? À quoi ressemble le monde d'après ? Pour l'instant force est de constater que l'on ne voit pas poindre d'améliorations significatives. Fallait-il en douter ? Nous espérions les grands virages pour éviter crise climatique et disparition des écosystèmes. Pour le moment nous n'avons pas grand chose à nous mettre sous la dent à part une compagnie aérienne qui devra devenir la plus verte du monde et une hausse des primes pour des voitures aussi plus vertes. Est-ce un virage ou un énième miroir aux alouettes ? L'urgence climatique est pourtant bien là et nous, paysans du Sud-Est de la France, le sentons chaque été un peu plus. Et d'ailleurs pour l'agriculture paysanne ? Il faut noter qu'une partie de la population a massivement soutenu les producteurs locaux durant le confinement et que bien que certaines filières aient souffert, ça aurait pu être pire. Loin de l'agribashing, la petite paysannerie est plébiscitée. Nous n'en doutions pas ! Reste que pour une autre partie de la population, l'accès à une alimentation de qualité est compliqué. Blocage psychologique dans certain cas (belle voiture ou nourriture, il faut choisir !), blocage réel également. Avec la crise économique, le fossé va certainement s'accroître entre clients de nos marchés et clients de Lidl. Le dilemme pour notre mouvement : concilier revenu paysan et alimentation de qualité accessible pour tous. Nous ne sommes pas complètement désarmés et avons des solutions à avancer comme la mise en place d'une Sécurité sociale de l'alimentation (150€ par mois et par personne pour se nourrir) ou l'installation massive de paysans comme solution au chômage, et bien sûr la remise en cause de toutes les politiques de dérégulation et d'accords de libre-échange (faut-il le rappeler à chaque fois, quand on est entre nous ?). En attendant que nous soyons entendu et écouté en haut lieu, que pouvons – devons – nous faire localement ? Peut être tout d'abord multiplier les liens avec le monde de la solidarité. Nous demandons souvent au consommateur d'être solidaire envers nous. Nous devrions chercher à renvoyer l'ascenseur de façon équitable. Il y a aussi de nombreuses initiatives locales (groupement d'achat) et voisines (épicerie solidaire d'Arles) qui montrent la voie pour d'autre modes de vente plus solidaires et résilients. Nous devrions réfléchir à des tarifs solidaires pour nos produits.  Bref, le monde d'avant essaie de repartir. C'est pour l'instant pire qu'avant. Mais peut être que l'espoir pourrait naître de la solidarité !  Paul Ferté Porte-parole de la Conf' du Gard

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