COMMUNIQUE DE PRESSE
La viticulture a besoin de bien plus qu'un samedi noir
23.11.2023
Nous, Confédération paysanne de l'Hérault, de l'Aude et du Gard, défenseurs des travailleuses et travailleurs de la terres, nous nous adressons à la grande famille des vignerons, femmes et hommes, en cave coopérative et particulière, en agriculture conventionnelle et bio, "d'aqui" et "néo-ruraux".
Nous entendons les difficultés rencontrées et manifestons une fois de plus notre solidarité avec celles et ceux qui subissent les conséquences du dérèglement climatique, qui sont écrasés par un modèle économique et une politique agricole (relayés par l'inter profession) qui les maintiennent sous perfusion.
Nous nous associons aux revendications conjoncturelles, à savoir distillation exceptionnelle et aide au revenu, à condition qu'elles soient encadrées et réservées à celles et ceux qui en ont besoin. Nous avons besoin de paysannes et paysans nombreux, de caves coopératives à leur service, indépendantes et à taille humaine pour maintenir notre territoire en vie.
Nous déplorons par contre la faiblesse des revendications structurelles qui ne sont pas de nature à transformer le modèle de production viticole qui est pourtant à bout de souffle. Les vignerons sont victimes des directions prises avec la massification de la production de vin.
À la Confédération paysanne, il y a des dissonances qui nous sont insupportables :
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Parler d'une crise de surproduction des années de production faible.
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Revendiquer en même temps un accès illimité à l'eau et une distillation de crise pour détruire les stocks de vin. Il faut rappeler que la vigne est traditionnellement une culture peu avide en eau, ce qui explique son implantation historique dans le bassin méditerranéen.
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S'en remettre au marché et attendre des acheteurs qu'ils "jouent le jeu".
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Refuser l'importation de vin étranger et avoir comme seule perspective des marchés à l'export.
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Demander à l'État de financer un arrachage temporaire qui va affecter principalement nos terroirs les plus reculés présentant le plus fort potentiel qualitatif. C'est un retour des politiques passéistes qui n'ont pas fonctionné.
Pour toutes ces raisons, la Confédération paysanne n'appelle pas à manifester à Narbonne le 25 novembre. D'année en année et de crise en crise, le nombre d'agriculteurs ne cesse de chuter avec pour conséquence des surfaces agricoles soient abandonnées, soient accaparées par les plus puissants qui nous confisquent notre outil de production.
Les vigneronnes et vignerons, les caves coopératives qui sont encore à leur service ont besoin d'un projet de territoire afin que cette crise viticole n'en appelle pas de nouvelles.
À la Confédération paysanne, nous avons des réponses politiques structurées et cohérentes :
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Pour répondre à la mévente du vin.
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Pour allouer l'accès à l'eau, ressource essentielle de nos cultures vivrières, de façon collective et solidaire.
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Pour réguler le marché intérieur et extérieur du vin, mais aussi de toutes les denrées, et transformer de façon démocratique notre système alimentaire.
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Pour un arrachage sélectif des vignes sans déstructurer nos terroirs. Celui-ci doit s'accompagner d'une réflexion sur la réduction des rendements et la reconversion des surfaces à destination de l'alimentation locale. en refusant la fuite en avant proposée par l'agriculture industrielle intensive.
C'est pourquoi, que vous exprimiez ou non votre colère un samedi noir, nous invitons à nous rejoindre, afin de construire un autre projet agricole, qui maintiendra des paysannes et paysans nombreux, nourrissant les citoyens sur notre territoire avec des productions diversifiées, générant un revenu digne et en partageant les ressources.
Confédération paysanne Languedoc
Contact : Hérault - Dominique SOULLIER : 06-66-57-51-36 Gard - Simon LEBERRE : 06-49-35-01-69 Aude - Olivier Lozat : 06 31 34 84 59 |
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